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Repères pour organiser les temps éducatifs à l'école maternelle

Repères pour organiser les temps éducatifs à l'école maternelle

Publié le 13/12/2011 Mis à jour le 24/04/2017

Ce document doit constituer un outil de référence à l'usage des équipes d'école. Non exhaustif, il aborde toutefois différents aspects du temps de l'élève à l'école maternelle, qui doivent faire l'objet d’une attention particulière.

Il peut être l'occasion d'une réflexion d'équipe sur la mise en place de pratiques professionnelles reconnues, et permettre sereinement d'interroger certaines organisations afin de valoriser l'école maternelle.
Il offre par ailleurs des points de repère à chaque enseignant souhaitant réguler au mieux le temps scolaire de ses élèves.

- L'organisation du temps
En lien avec une réflexion sur l'aménagement des espaces, l'organisation du temps doit permettre d'alterner les moments consacrés aux activités collectives avec ceux réservés à des apprentissages plus individualisés.
L'accueil, les récréations, les temps de repos et de sieste sont des temps éducatifs qui doivent être organisés dans cette perspective.

- L'accueil et la sortie
L'accueil à l'école maternelle est une interface nécessaire entre la famille et l'école. Il permet à l'enfant, tout au long de sa scolarité, de construire progressivement un comportement scolaire, et représente un temps pédagogique actif, inscrit à l'emploi du temps, prévu, anticipé.
Organisé dans la classe, il commence obligatoirement 10 minutes avant l'horaire de début de classe et ne doit pas se prolonger trop longtemps.
A la sortie des classes, les élèves sont repris par les parents (ou par toute personne nommément désignée par écrit) à la fin de chaque demi-journée, selon les horaires inscrits au règlement intérieur. Une organisation de l'école qui dérogerait à ces horaires engagerait de fait la responsabilité des enseignants, et aurait pour effet de dévaloriser la mission de l'école maternelle.

- La récréation
A l'école maternelle, le temps des récréations est compris entre 15 et 30 minutes par demi-journée. La récréation doit être placée de manière à rythmer la demi-journée de l'élève. L'organisation du temps quotidien doit donc :
- veiller à maintenir à minima une durée d'une heure entre le retour en classe et la remise des élèves aux familles,
- éviter la récréation systématique pour les élèves à l'issue du temps de repos de l'après-midi.
Le nombre d'adultes chargé d'assurer la surveillance doit tenir compte de la configuration des lieux et de l'effectif. Comme pour l'intégralité du temps scolaire, ce temps est placé sous la responsabilité des enseignants. L'ATSEM, l'EVS ne doivent donc pas assurer seuls un service de surveillance de récréation.      

- La sieste, le temps de repos
Ce moment particulier de la journée en maternelle est un thème parfois sensible, qui doit faire l'objet de dispositions présentées en conseil d'école aux familles, aux partenaires.
Faisons le point sur ce temps éducatif :

1. La sieste n'est pas obligatoire :
Il n'y a pas de texte règlementaire ou législatif qui encadre ce moment. Seuls les besoins prioritaires des élèves doivent guider sa mise en place « l'organisation du temps respecte les besoins et rythmes biologiques tout en permettant le bon déroulement des activités et en facilitant leur articulation ; plus souple avec le petits, la gestion du temps devient plus rigoureuse quand les enfants grandissent » B.O. hors série du 19 juin 2008.
Il convient donc de proscrire un temps systématique et identique pour tous, toute l'année (même durée pour toute la classe en PS, voire en MS...).

2. Quels élèves sont concernés ?
Les besoins physiologiques des tout jeunes enfants font qu'à l'école, ce sont prioritairement les élèves de TPS et PS.
En MS, on peut instaurer un temps de repos (environ 30 minutes) en début d'année, qui évoluera au fil de l'année dans sa durée et son organisation, en fonction des besoins repérés des élèves.
En GS, il n'y a plus de temps de repos organisé (et encore moins de sieste). On peut concevoir des activités plus calmes : écoutes de récits, écoutes musicales, lectures d'albums.
Un élève de MS ou de GS pourra toutefois se reposer, s'il en éprouve le besoin ou si les parents en font la demande pour des raisons exceptionnelles liées à la vie de l'enfant.
Ce sont donc bien les besoins spécifiques qui doivent guider la mise en place de ce temps :

« Il faut également noter les conditions difficiles faites aux enfants lorsqu'ils doivent aller à la garderie le matin et/ou le soir, ce qui rallonge leur journée et porte leur semaine scolaire au-delà des 35 heures obtenues par beaucoup d'adultes dans leur travail ». Enseigner à l'école maternelle - Agnès Florin, Carole Crammer,  2009

3. Quand la mettre en place ?
Les élèves de TPS/PS qui déjeunent au restaurant scolaire devraient pouvoir être couchés à l'issue du repas. Cette organisation, qui le plus souvent engage la municipalité, nécessite une concertation qui prenne en compte les contraintes propres à chaque école.

« La sieste organisée dans l'école, pour les enfants qui ont déjeuné à la cantine, doit être située au plus près du repas. En effet, pendant la digestion, l'essentiel de l'activité physiologique du tout jeune enfant est détournée vers cette fonction essentielle à sa santé. Il serait absurde au même moment de le pousser à des jeux animés ou des courses dans la cour de récréation ».
Pour une scolarisation réussie des tout petits,  MEN - SCEREN/CNDP - 2003

De même, pour les enfants ne déjeunant pas à la cantine, un accueil à partir de 13h20 leur permet d'accéder au plus tôt à ce temps.

4. La surveillance
Elle doit être constante. L'enseignant reste responsable de ses élèves, même si la surveillance est confiée à une ATSEM.

Les agents spécialisés des écoles maternelles sont chargés de l'assistance au personnel enseignant pour la réception, l'animation et l'hygiène des très jeunes enfants ainsi que de la préparation et la mise en état de propreté des locaux et du matériel servant directement à ces enfants. Les agents spécialisés des écoles maternelles participent à la communauté éducative.
Décret n° 92-850 du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emplois des ATSEM
Dans cet esprit, l'enseignant peut alors prendre en charge un groupe d'élèves de sa classe (non dormeurs) ou collaborer à l'activité d'une autre classe dans le cadre d'un décloisonnement.

« La surveillance de la sieste peut être assurée par une ATSEM, libérant ainsi l'enseignant soit pour des activités décloisonnées avec d'autres classes, soit pour des ateliers ou des activités en petits groupes si une partie des élèves ne dort pas ».   
Pour une scolarisation réussie des tout petits,  MEN - SCEREN/CNDP - 2003

En revanche, il est indispensable que l'enseignant soit disponible pour accueillir les élèves au moment du réveil, sachant que tous ne se réveillent pas en même temps.

5. Le retour en classe
Il n'est pas opportun de proposer une récréation après le lever des enfants (organisation à proscrire, surtout en hiver....), mais plutôt de profiter de l'arrivée progressive des élèves pour proposer des activités qui ne nécessitent pas un apprentissage nouveau. Ce moment est propice aux échanges langagiers avec l'enseignant.

6. Travailler ensemble....
Des temps de régulation ATSEM/enseignants permettront d'échanger les observations recueillies pendant le temps de sieste pour mieux connaître les besoins individuels et y répondre, pour organiser le temps de manière efficace.

Une même qualité d'information et de communication est à installer pour répondre aux questions des parents :

- « la sieste l'empêche de s'endormir le soir... » : « Un tout petit a besoin de nombreuses heures de sommeil (plus de douze heures quotidiennes). Il dormira le temps qui est nécessaire sans que cela ne porte préjudice au sommeil de la nuit, contrairement à ce que croient certains parents ». Pour une scolarisation réussie des tout petits,  MEN - SCEREN/CNDP - 2003
- « c'est du temps perdu.... » : le sommeil est un besoin vital nécessaire à la santé et à l'équilibre de l'enfant. Reposé, l'enfant de TPS/PS est plus disponible pour entrer dans les apprentissages.

Les équipes d'école gagneront à se rapprocher de la Protection Maternelle et Infantile pour organiser, le cas échéant, des temps d'information spécifiques auprès des familles.

- La collation
L'AFSSA (Agence française de la sécurité sanitaire des aliments) a rendu un rapport (janvier 2004), indiquant que la collation en milieu de matinée est une réponse inadaptée à l'absence de petit déjeuner (horaire, composition, caractère systématique et indifférencié).
La note ministérielle du 25 mars 2004 confirme que l'organisation d'une collation collective en milieu de matinée n'a aucune raison d'être.
Si l'on tient à individualiser la collation pour certains élèves qui n'auraient pas eu accès à un petit déjeuner à la maison, les moments les mieux adaptés sont le temps de l'accueil périscolaire ou le tout premier moment de l'accueil en classe, dans le cadre d'une alimentation légère à base de fruits. En revanche, les enfants doivent pouvoir se désaltérer et donc avoir accès à un point d'eau à tout moment de la journée scolaire.
Les programmes de 2008 confirment, implicitement, cette position en n'accréditant pas la collation : ce terme n'est noté qu'une seule fois dans les repères pour organiser la progressivité des apprentissages à l'école maternelle. Il n'est évoqué qu'en petite section, en tant qu'illustration possible d'activité pouvant permettre la compréhension, l'acquisition et l'utilisation d'un vocabulaire pertinent.

Mission Préélémentaire - IA 44 - novembre 2011
Thématique :
Pédagogie - enseignement
Date :
13/12/2011
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Rédigé par Nicolas Charles

M.A.J. le 24/04/2017