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La fiche de préparation

La fiche de préparation

publié le 12 janvier 2011, par Nicolas Charles

La fiche de préparation permet à la fois de sérier et de préciser les aspects notionnels (compétences visées), logistiques et organisationnels nécessaires à la construction d'une connaissance, d'une compétence.

Elle doit être à la fois précise et économique dans la mesure où elle est à la fois un outil de réflexion didactique mais également un aide mémoire d'accompagnement lors de la conduite de classe.
La fiche de préparation, indispensable en début de carrière, est un outil de travail personnel, sa forme est libre (manuscrite, remplie informatiquement, dans des cadres préalablement réfléchis par l'enseignement). Le classement de ces fiches par matière peut se révéler pratique.

Pourquoi ?
C'est un outil qui permet d'envisager, de façon détaillée, les différents moments de l'unité d'apprentissage (qui peut n'être composée que d'une séance) en suivant les étapes d'acquisition des compétences liées à l'apprentissage.
À noter une confusion fréquente entre les termes « unité d'apprentissage » (ou séquence) et « séance ».
Pour plus de clarté, une unité d'apprentissage C'est un ensemble de séances nécessaires à l'apprentissage d'une notion donnée ou d'une compétence.

La fiche de préparation prend en compte la diversité des élèves, leurs acquis préalables, les obstacles possibles, la gestion de l'espace et du temps, la façon de gérer le groupe, la place de l'enseignant et les consignes qu'il passe. Elle anticipe la démarche mise en œuvre. Elle situe l'apprentissage dans un repère temporel et permet de structurer la séance en déterminant la durée des différents moments qui la constituent, temps de passation des consignes / temps de travail collectif, individuel etc.... et le moment de l'année où elle se déroule.

Quand ?
Préalablement au travail que l'on souhaite engager dans sa classe.
Parallèlement au développement des activités car des ajustements sont parfois nécessaires.

Comment ?
La fiche de préparation comporte plusieurs rubriques qui correspondent à des points essentiels de la mise en oeuvre. Elle est en relation directe avec le travail de programmation et de progression.
-    le titre de l'unité d'apprentissage et la place de la séance dans la séquence (séance 2/5 par exemple)
-    La compétence à laquelle l'unité d'apprentissage se rapporte
-    l'objectif d'apprentissage (l'intention pédagogique de l'enseignant, ce que doivent apprendre les élèves)
-    les modalités d'évaluation en lien avec les objectifs d'apprentissage
-    la/les capacité(s) travaillée(s), (en référence aux I.O.) dans la discipline concernées et la/les capacité(s) travaillée(s) dans le domaine de la maîtrise de la langue
-    la trace écrite
-    la durée de la séance, des différents moments qui rythment la séance...
-    le matériel de la séance / les outils de l'élève
-    le lieu
-    les déroulements des séances qui peuvent être rédigés sous différentes formes et qui posent les différents moments au regard de la stratégie (individuel, collectif, en groupes, par écrit, en situation de recherche ...)
-    La prise en compte de la configuration de la classe : cours multiples ou ateliers :feuille partagée (plusieurs colonnes) pour pouvoir, à chaque phase du déroulement de la séance, identifier où  est l'enseignant, ce qu'il y fait, que font les élèves des autres cours ou groupes pendant  ce temps et au final combien de temps l'enseignant a-t-il consacré à chaque groupe.
-    les éventuels prolongements
-    les observations faites pendant le déroulement : ce qui a été rapide, trop long ; ce qui était particulièrement bien adapté aux élèves ou non, les difficultés observées...(ces remarques peuvent être consignées en dehors de la séance)

Quelques informations complémentaires concernant la rubrique « déroulement » :
- L'entrée :
Pour commencer une séance, on peut considérer trois entrées possibles :
1- une entrée par projet d'action : préparation d'une sortie, écriture d'un livre, correspondance scolaire...

2- une entrée par situation: l'enseignant choisit une situation qui va déclencher un questionnement (situation problème en sciences, en lecture, en mathématiques...). Ce sont souvent des séances assez ouvertes qui vont permettre de mieux percevoir les représentations des élèves.

3- une entrée par la notion ou la compétence : c'est le savoir à dispenser qui est premier et "isolable".

- La consigne :
Il faut essayer de prévoir les consignes principales. La consigne est souvent formulée par le maître et explicitée si nécessaire. Elle gagnerait à être reformulée par les élèves afin de s'assurer de la compréhension de la tâche à effectuer.

- les étapes :
Elles doivent permettre de rythmer la séance (se donner un cadre chronologique) mais aussi de rassembler le groupe, faire le point, retrouver le calme, structurer les méthodes.
Pour chacune des étapes ; déterminer le temps prévu et distinguer les activités des élèves de celles de l'enseignant.
Selon le travail proposé, un retour sur l'activité pourra être réalisé avec les élèves. Il fera suite à l'activité ou, au contraire sera volontairement différé. Il permettra à ceux qui sont en difficulté de comprendre rétrospectivement la consigne et la tâche qui leur avait été assignée.
Il semble pertinent que toute séance se conclue au moins par l'identification d'un savoir nouveau même si c'est un savoir parcellaire ou de questions ouvrant sur la suite.
Ce temps est également l'occasion pour les élèves, qui ne sont alors plus dans l'action, d'avoir une réflexion métacognitive permettant une prise de conscience des procédures, des méthodes et des processus intellectuels mis en œuvre pour résoudre un problème ; la métacognition améliore l'acquisition des connaissances et le transfert des acquis.
A posteriori, l'enseignant analyse les difficultés qu'il a rencontrées dans sa pratique de classe, et celles qu'ont éprouvées les élèves au cours de la tâche.

- Les formes de travail :
Elles permettent à la fois de rythmer la séance, d'introduire des méthodes ou des entrées diverses, de mettre en place des variables didactiques, de communiquer sur divers degrés. Bien entendu, l'enseignant « gestionnaire du temps scolaire » va équilibrer le choix des formes de travail non seulement en fonction de la séance mais du moment où elle se passe dans la journée. On évitera par exemple la succession de deux séances en "collectif oral" ou au contraire avec beaucoup d'écrit.

- La gestion de l'hétérogénéité :
Il est nécessaire d'anticiper les difficultés en proposant des "remédiations".
Il est donc très utile d'envisager dans la fiche de préparation des aides en amont qui permettront aux élèves en difficulté de comprendre une situation, de dépasser l'obstacle d'un lexique difficile, d'une lecture ardue etc....
Il semble aussi nécessaire de ne pas oublier l'élève en réussite en lui proposant non pas "davantage d'exercices" mais de découvrir des situations plus complexes.
Enfin, il faut aménager la séance en gérant aussi les différents rythmes de travail des élèves.

- le recours au tableau  et autres aides à l'apprentissage :
La fiche de préparation doit permettre d'envisager comment on utilisera le tableau ou les affichages collectifs. Quand le tableau sera-t-il préparé ? Dans certains cas il est bon de situer une séance après la récréation, ou à l'entrée en classe, pour avoir le temps de préparer le texte au tableau.

- la transversalité de la langue :
On essaiera d'envisager le traitement des volets « lire, dire, écrire » relatifs à la maîtrise de la langue.

Les écueils possibles
. Utiliser une fiche de préparation sans adaptation préalable à tout groupe d'élèves : les guides du maître, les sites Internet proposent des approches souvent intéressantes, mais qu'il est nécessaire de bien analyser et d'adapter à son contexte de classe.
. Prévoir une séance trop linéaire, sans intervention des élèves, sans éventuels obstacles.
. Trop détailler, trop imaginer ce que le maître ou les élèves vont dire. On se retrouve face à une production écrite décontextualisée. Le risque alors est de vouloir s'accrocher à ce qui est prévu sur la fiche et de ne plus être attentif et réceptif aux réponses des élèves.
. Utiliser au fil des ans les mêmes fiches ... Elles doivent correspondre à une classe et un groupe d'élèves, à un moment donné. Il est intéressant de continuer sans cesse à  questionner ses pratiques et à rester en corrélation avec les programmes et les avancées en recherche pédagogique.
. La fiche est un outil pour « anticiper » : mais il faut savoir adapter voire s'arrêter si la séance ne correspond pas à l'objectif qui était visé. Au-delà de la prévision, il faut pouvoir rester à l'écoute de ce qui se déroule en classe. C'est alors qu'interviendra l'analyse post-séance et la prise de conscience des écarts entre prévu et réalisé.

Pour donner du sens
. Prévoir les obstacles susceptibles de se présenter et l'étayage approprié.
. Prévoir quelques réactions ou propositions d'élèves. Prévoir les réactions de l'enseignant en conséquence.

Le "petit truc"
Ranger les fiches par disciplines, dans un classeur, avec des séparations et un numéro d'ordre. Le renvoi du cahier journal permettra de retrouver aisément la fiche. Les fiches par discipline pourront être consultées afin d'analyser les progressions, d'observer ce qui à un moment donné, a fonctionné ou non, pour un groupe d'élèves, pour faire évoluer sa pédagogie. C'est aussi un outil d'auto analyse pour l'enseignant.

Pôle de formation PES44 - 09/2011
Thématique :
Pédagogie - enseignement

M.A.J. Le 18 juillet 2013


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